Association de Photographes Spécialistes du Nouveau-Né » Regroupement de photographes cherchant à promouvoir de bonnes pratiques autour des séances photo nouveau-né

PORTRAIT DE PHOTOGRAPHE – LUCIA GOHAUD

Maman de deux filles et épouse d’un militaire, Lucia connaît l’importance de l’émotion dans les images. Cette semaine, nous vous invitons à découvrir un peu plus cette photographe expatriée qui entretient des relations particulièrement privilégiées avec ses clients pour réaliser leurs portraits de maternité, naissance, famille & mariage.

Généreuse, elle ouvre également son univers et transmet son savoir-faire aux collègues photographes via des formations en ligne.

 

Beaucoup le savent, tu n’es pas française. Comment es-tu arrivée en France et plus particulièrement dans le sud ? Et depuis quand ?

Eh oui, je suis Slovaque, mais j’ai toujours été attachée à la langue française. Je la pratiquais depuis mes 8 ans à un niveau assez élevé et j’ai un diplôme de Master 2 d’enseignement en matières Français-Histoire. C’est justement en essayant d’améliorer mon français que j’ai succombé au charme de mon petit Breton préféré et que j’ai décidé de le suivre en France. Nous venons de fêter notre dixième anniversaire de mariage et cela fait 11 ans que je vis en France.

Justement, je sais à quel point tu es attachée à la Bretagne. envisages-tu de quitter le sud par amour de l’océan ?

J’ai toujours adoré la Bretagne. C’était la première région que je voulais voir en venant en France, j’avais trouvé un travail d’été pour échapper aux chaleurs en Slovaquie (oui oui, il peut faire très chaud chez nous). Mon mari travaille dans la marine, nous avons déménagé 3 fois et, même si la vie dans le sud est agréable en globalité, il est temps pour nous de se poser quelque part et on entend de plus en plus souvent dans nos têtes l’appel de l’océan, des plages à l’infini et de la vie au rythme des marées. Je croise les doigts pour que la marine n’en décide pas autrement :).

Peux-tu nous dire 5 choses que tu aimes et que tu n’aimes pas sur la France ou les Français en général ?

Heureusement que tu ne m’as pas posé cette question quand je suis arrivée :). Je n’ai jamais voulu quitter mon pays et les premières années en France étaient très difficiles pour moi, mais, petit à petit, j’ai appris à aimer la France, à apprécier les gens serviables qui tiennent la porte quand vous quittez le magasin, les soirées improvisées chez nos amis, la joie de vivre que je n’ai vue nulle part ailleurs, les repas en famille oû on prend le temps de discuter autour d’un bon repas… Oh! et oui, la cuisine française, c’est ce que j’aime particulièrement (et le vin mais chuuuut) !

A quel moment de ta vie la photographie a croisé ton chemin et comment ?

J’ai toujours été proche de la photo, ma mère travaillait dans un studio photo et nous avons des cartons remplis de nos photos. Avec l’arrivée du numérique, la photo a perdu un peu de charme pour moi et je l’ai retrouvé après la naissance de notre première fille, il y a presque 10 ans. Je voulais garder ces moments uniques pour nous, tout documenter, j’avais soif d’apprendre pour faire des photos encore meilleures et, après la naissance de notre deuxième fille, à la fin de mon congé maternité, je me suis lancée.

Quelle lumière apprécies-tu ? Plutôt naturelle ou artificielle ?

Les deux :). J’adore la lumière naturelle pour les séances à l’extérieur. Je suis une « golden hour girl », j’adore les séances au coucher de soleil avec les contre-jours forts, l’ambiance orangée mais également le ciel nuageux et la lumière douce que nous avons souvent en hiver. Petit à petit, j’ai commencé à expérimenter également avec la lumière artificielle, j’ai pris des cours et, maintenant, je m’amuse beaucoup avec différents modeleurs et plusieurs sources. En studio, on peut tout maitriser, changer de puissance ou d’angle d’un claquement de doigt et ça me plait beaucoup.

Tu fais partie de l’association Souvenange qui aide les familles ayant perdu un bébé à faire leur deuil en leur offrant des jolis souvenirs de leur bébé. Que ressens-tu lors de tes interventions pour ces familles ?

Pour l’instant je n’ai accompagné qu’une seule famille dans leur deuil. C’était une épreuve difficile mais tellement gratifiante. Nous ne pouvons pas empêcher ce qui est déjà arrivé mais nous pouvons aider ces familles à faire leur deuil, pour ne pas oublier et continuer à vivre.

Pourquoi as-tu décidé de t’engager dans cette association et quel travail cela représente pour toi ?

Nous sommes des photographes, c’est notre métier et notre devoir de « garder les souvenirs ». Heureusement pour nous, ce sont le plus souvent des souvenirs de joie, c’est ce qui nous nourrit et nous pousse à continuer à faire ce qu’on fait. Nous documentons. Mais parfois, c’est aussi notre devoir de documenter les moments moins heureux parce que ce sont aussi ces moments-là qui font de nous ce que nous sommes, qui nous aident à nous (re)construire.

Les photographes bénévoles de Souvenange proposent leur œil professionnel pour photographier les bébés décédés ou retoucher les photos qui ont étés prises, par exemple, par l’équipe médicale.

Que fais-tu en photo dans ta vie personnelle ? Fais-tu des albums pour ta famille régulièrement, amènes-tu ton reflex partout avec toi… ? On dit souvent que les cordonniers sont les plus mal chaussés.

J’ai commencé à faire des photos pour documenter ma vie et, finalement, en devenant photographe professionnelle, j’ai eu de plus en plus de mal à prendre mon reflex en balade ou en vacances. Je n’avais pas envie de passer plus de temps sur le développement que ce qui était nécessaire pour mes clients et au bout de quelques mois sans photo, j’ai trouvé une astuce : J’ai commencé à photographier à l’argentique. Je me suis acheté un Nikon F100 qui est compatible avec mes objectifs et c’est lui qui m’accompagne maintenant en voyage. L’argentique m’a appris à réfléchir plus sur ma prise de vue, si le sujet en vaut vraiment la peine, parce qu’avec de l’argentique, à chaque fois que vous appuyez sur le bouton, ça vous coûte de l’argent. Et ça fonctionne à merveille !

En plus de ça, nous essayons de nous prévoir une séance en famille tous les ans et demi avec un collègue diffèrent pour avoir des photos de nous quatre ensemble.

Et si tu pouvais faire une séance famille avec n’importe quel photographe, qui aurais-tu choisi et pour quelle(s) raison(s) ?

Je n’ai pas vraiment de photographe « rêvé ». J’aurais beaucoup aimé avoir un portrait glamour de Sue Bryce mais, pour les photos de famille, notre prochaine séance sera avec mon ami, Jérémy Guillaume. Et j’ai déjà hâte parce que je sais que nous allons passer un moment très sympa ensemble. En attendant, c’est notre portrait de Mathilde Magne qui règne dans notre salon.

Que pense ta famille de ton métier ? Te soutiennent-ils ?

A fond ! Ce sont mes plus grands fans ! Mon mari était toujours derrière moi à mes débuts et, pour ça, je lui serai toujours reconnaissante.

Est-ce que tes deux filles aiment que tu les prennes en photo ? J’imagine qu’elles doivent être probablement tes premiers modèles dès que tu veux t’entraîner sur des nouvelles choses…

Aaaah, nos filles… Ça change beaucoup par rapport à l’âge mais je négocie dur et, oui, elles sont toujours mes premiers modèles pour tester des nouvelles choses et ce sont aussi elles qui m’ont donné l’idée de développer les portraits Fine Art pour les jeunes filles et garçons. Je me suis rendu compte que les parents investissent souvent dans les séances photo quand les enfants sont encore tout petits (ce qui est déjà très bien), mais beaucoup moins quand les enfants arrivent à l’âge de 8 ans et plus. Et c’est là que je veux intervenir… Sans tutus et fond bleu comme sur les photos scolaires :). Des portraits intemporels et artistiques, pour mettre en valeur ces visages tellement parfaits et leur innocence.

Tu as dernièrement succombé à la passion des tatouages. Quelle signification ont les tatouages colorés que tu portes ?

Oh, les tatouages – je te préviens, ça va être long ! 🙂

J’ai voulu un tatouage sur mon avant-bras depuis très très longtemps, mais je ne savais pas quoi et surtout pas à qui confier cette tâche. Je me suis fait faire un petit tatouage à l’âge de dix-huit ans que j’ai choisi dans le catalogue et je ne voulais surtout pas reproduire ma bêtise.

Un jour, je suis tombée sur la page de Bumpkin Tatto (il s’agit d’un couple – elle dessine et il tatoue) et j’ai compris tout de suite que c’était eux qu’il me fallait.

C’est un peu compliqué d’expliquer toutes les significations qui se cachent dans mon tatouage. J’ai raconté à Lucia ce que j’aime, ce qui me plaît, mon histoire, les couleurs que j’aime et, après quelques mois, j’ai reçu le croquis de mon futur tatouage.

Le mandala sur ma main est là pour me rappeler à chaque fois de profiter de la vie, parce que j’ai des tendances à dramatiser les choses qui n’ont pas d’importance. Il y aussi le  symbole d’oiseau qui représente nos voyages et déménagements parce que ces épreuves ont soudé notre couple. Et il y a une petite fille qui se laisse porter par le courant du destin…

Depuis peu, une petite fleur de tilleul décore ma clavicule. Je voulais un motif floral en rapport avec mes origines. Pour les Slaves, le tilleul (qui est de genre féminin chez nous) est consacré à la déesse de l’amour et de la féminité, une fleur qui guérit et, surtout, ça me rappelle un parc ou j’avais l’habitude d’aller après l’école. Il y a une longue allée de tilleuls et même après des années, je n’ai aucun mal à me rappeler la douce odeur des tilleuls en fleurs.

Et…Pour passer un moment avec toi, ça serait plutôt autour d’un café ou d’un thé ?

J’aime les deux mais un peu plus les thés… forts, épicés… et sans sucre évidemment!

Pour retrouver d’autres images de Lucia, en couleur mais aussi en noir et blanc – elle en est une adepte inconditionnelle – vous pouvez visiter son site internet ou sa page Facebook.

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