Association de Photographes Spécialistes du Nouveau-Né » Regroupement de photographes cherchant à promouvoir de bonnes pratiques autour des séances photo nouveau-né

Portrait de photographe – Anne-Lise Bouscail

Chaque mois vous découvrez un nouveau membre de l’APSNN et aujourd’hui nous vous invitons à faire connaissance avec Anne-Lise Bouscail, photographe et infirmière passionnée qui met ses connaissances et son savoir au service de l’association.

1/Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas aussi en tant que femme ?

Un peu montagnarde, très savoyarde, un brin rebelle, très nature, un peu trop empathique et impatiente, un fond déjantée, trop sensible, un peu féministe sur les bords… suis une jeune femme de 40 ans, mariée et mère de Manon 11 ans, et Justine 9 ans.
En tant que photographe il semble que cette sensibilité ressorte. Mes clients me disaient calme, douce et sensible, ça me comblait, car c’était mon objectif, je cherchais à faire ressortir de la spontanéité et du naturel.
Je suis infirmière en pédiatrie depuis 19 ans, je travaille depuis 16 ans dans un service accueillant les  petits (0 à 2 ans) du prématuré au trotteur. Mon employeur est l’hôpital cantonal de Genève. En parallèle j’ai participé activement comme monitrice à promulguer le portage en écharpe (www.portersonenfant.fr), participé à la création et la pérennité d’une AMAP dans mon village, et cette année je commence une licence en science de l’éducation avec le CNED.
Le tout enrobé d’une vie familiale prenante, d’un peu de tricot, de couture, de photo, de balades en foret, d’un peu de sport et de beaucoup beaucoup de ski et de bonheur en famille et entre amis !!

 

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2/ Peux-tu nous raconter comment la photographie est entrée dans ta vie ?

Un peu comme Obélix, je suis tombée dedans quand j’étais petite…. il a suffit d’un été au centre aéré, d’un moniteur passionné, et me voilà dans la chambre noire les mains dans le révélateur. J’ai continué au collège avec un prof fabuleux qui nous poussait dans la création, dans le lâcher prise. Et des années plus tard j’ai renoué avec l’oeilleton et alors quel bonheur !! Il n’y a plus l’odeur du révélateur (j’y reviendrai) mais toujours le développement numérique cette fois. Après des années de pratique amateur , encouragée par mon mari, mes amis et le réseau de photographes pro, je suis passée auto-entrepreneur. J’ai travaillé ainsi 4 ans. J’ai stoppé cette activité l’an dernier car elle n’était plus compatible avec mon emploi d’infirmière à Genève d’un point de vue administratif, et je ne me projetais pas uniquement photographe.

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3/ Selon toi comment peut-on bien allier 2 métiers qui demandent tant d’implication personnelle dans une vie déjà bien remplie ?

Ces 2 métiers m’ont donné un équilibre, l’un créatif spontané, dans l’émotion et artistique l’autre cartésien, rigoureux mais empathique. Les 2 étant dans le don de soi.
D’un point de vue pratique les 2 demandent des capacités d’organisation importantes, de projection. J’ai la chance de travailler à 60% (24h/semaine) donc j’ai de nombreux congés en semaine (par contre je travaille 3 WE/4) j’ai ainsi pu travailler sur mes séances lors de ces jours off. Par contre je ne travaillais pas pour la photo mes WE de libres, je les réservais au temps familial.
Je pense que lorsqu’on a une activité de photographe il faut se fixer des temps de travail, comme dans un emploi de bureau, afin de ne pas empiété sur la vie familiale et ne pas se laisser submerger.

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4/ Qu’est-ce qui t’attire tant dans le développement de l’enfant ?
La compréhension !
J’ai besoin de connaître mes outils, tout comme on étudie la notice de son reflex, j’ai eu besoin de comprendre l’enfant, son développement, ses relations, ses liens. Tout ce qui fait qu’il est ce qu’il est, dans un premier temps imaginé, puis porté, et l’adulte qu’il va devenir. J’ai assisté à beaucoup de conférences, formations continues sur ces thèmes, de la maternologie (prise en compte des aspects psychiques de la maternité) à la création du lien maternel, en passant par le développement sensori-moteur, l’allaitement, la douleur….Et je continue chaque jour à apprendre.

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5/ Aurais-tu quelques lectures à conseiller aux jeunes parents ? Et aux photographes professionnels de nouveau-né ?
Pour les photographes et les jeunes parents j’encourage la lecture d’un petit ouvrage des éditions ERES 1001 bébés : « Périodes sensibles dans le développement psychomoteur de l’enfant de 0 à 3 ans ». Il explique l’importance des contenants affectifs, et relatifs aux sens pour le tout petit.
J’aime aussi conseiller la lecture des livres d’Isabelle Filliozat sur les émotions, et le libre de Blaise Pierrehumbert « le premier lien » qui vulgarise la mise en place des liens qui se créent autours et avec le bébé.

6/ Comment se passait une séance à tes cotés ?

Dans le respect du rythme du nouveau-né, je ne veux pas offrir aux parents des photos de leur enfant en situation de stress et d’inconfort. Du coup j’étais très contenante, même pour les parents, l’avantage de mon métier d’infirmière me permettait de donner des conseils en allaitement, en soins, en façon de tenir le bébé, de le bercer, de l’emmailloter… Je me suis toujours réservée le soin de stopper une séance dès les premiers signes de stress, et les parents recevaient vraiment bien cet arrêt. Je leur expliquais, leur montrais ce que le nouveau-né essayait de nous dire. Une séance avec moi était aussi dans la simplicité : peu d’accessoires, des poses physiologique, du bien être, des petits gâteaux bio et de la tisane, et beaucoup de pauses pour des câlins, des bercements, des repas.

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7/ Continues-tu à faire de la photo ? Si oui, que ou qui photographies-tu ?

Ma famille, les amis, des fleurs et des paysages… j’adore me mettre à 4 pattes, le nez dans l’herbe et prendre en photo des fleurs, ça me calme, m’apaise, me connecte avec la nature.

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8/ As-tu une photo ‘coup de coeur’ parmi toutes celles que tu as faites et peux-tu nous raconter son histoire ?

J’adore cette photo de ma fille, Justine. Je l’ai faite à l’occasion d’une promenade où nous étions que toute les 2. Elle avait décidé d’aller vivre une aventure dans les bois, nous poursuivions les traces des animaux, elle me racontait son histoire, ses pensées… Elle n’aime pas être prise en photo, il faut toujours jouer de la surprise, de la ruse et là elle s’est mise face à moi, le regard si déterminé, si fort… loin de la fragilité dans laquelle je la vois. Soudain si sauvage et si libre.

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9/ Et une photo ‘coup de coeur’ que tu n’as pas faite ? Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?

Il y a énormément de photographes que j’admire, dont je suis fan du travail des anciens comme des contemporains. Mais je vais rester sur une photo qui me touche intimement. Cet hiver je me suis offerte une séance « femme sauvage » avec Aurélie Debusschère (alias Mayoké photographie). Il s’agit d’une connexion à la nature, à soi-même et au tout. Ce fut une expérience extraordinaire, fabuleuse, je n’ai pas de mot, et lorsque je regarde cette photo où je suis dans mon élément, au naturel, simple dans une nature majestueuse, j’ai le coeur qui vibre encore. J’aurai aimé être capable de sortir des photos comme celle ci : intimes et faisant vibrer la personne représentée.

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10/ Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?

Elle n’est pas encore dans ma tête, mais elle parlerait d’enfant, de nature, de spontanéité, de bonheur, de vie !

 

11/ Pour terminer, un petit J’aime / J’aime pas.

J’aime lire (je dévore), je n’aime pas courir (mais je le fais quand même ça me fait du bien), j’aime Ben Harper, je n’aime pas Kenji Girac, j’aime les séries US (suis addict), je n’aime pas les divertissement TV, j’aime comprendre, je n’aime pas rester dans l’ignorance, j’aime la vie, je n’aime pas le pessimisme, j’aime procrastiner, je n’aime pas qu’on me presse, j’aime le chocolat (non j’adore le chocolat, le noir) , je n’aime le jugement.

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Merci Anne-Lise !
Vous pouvez découvrir  le travail d’Anne-Lise sur sa page Facebook et son site internet.

Interview réalisée par Julie Rozoy

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