Association de Photographes Spécialistes du Nouveau-Né » Regroupement de photographes cherchant à promouvoir de bonnes pratiques autour des séances photo nouveau-né

Photographier la vie, l’histoire d’une naissance

 Aujourd’hui nous vous emmenons dans un univers très intimiste, qui ne pourra sans doute pas vous laisser indifférent… que l’idée vous inspire ou au contraire pas du tout !

Encore trop peu répandu en France, le reportage photographique en salle de naissance ou lors d’un accouchement à domicile est une pratique pourtant très développée chez nos confrères américains, canadiens ou australiens, comme vous pouvez le voir ici ou .

Si le reportage photo durant l’accouchement surprend certains, d’autres, en revanche, sont tout à fait ouverts à cette idée, qu’il s’agisse de photographes, prêts à vivre intensément cette expérience humaine, comme d’heureux parents, souhaitant des souvenirs de cet instant qui va bouleverser leur vie. Bien loin de l’idée du voyeurisme, le photographe cherche plutôt à transmettre l’émotion de l’instant en vue de témoigner de l’histoire d’une famille et l’authenticité du moment avec tous les détails qui le caractérisent.

Quoi de plus précieux que la toute première rencontre avec bébé finalement ? Qu’est-ce qui fait que des mamans/parents aient envie que ce moment intimiste soit photographié et qu’elles/ils accueillent quelqu’un d’autre dans leur bulle le jour J ? C’est ce que l’APSNN a voulu savoir, en donnant la parole à 2 mamans pour qui, les photos de leur accouchement, faisaient partie de leur projet de naissance.

Alicia, maman de 3 adorables petites filles, nous a fait l’honneur de nous confier son ressenti peu de temps après avoir accueilli son bébé dans la chaleur de son foyer.

Elle nous raconte avec émotion que sa motivation première, pour des photos de son accouchement, c’était d’immortaliser les émotions du visage de son mari, de ses enfants et le sien. « C’est un passage de la vie tellement fort qu’il était important pour moi de garder gravé à jamais chaque instant d’un des plus beaux jours de notre vie ».

Concernant la relation de confiance établie avec le photographe, le plus important, poursuit-elle, « C’était de pouvoir garder notre intimité et de ne pas se sentir envahi / regardé / jugé… J’avais besoin que ce soit comme si personne d’autre que mon mari n’ait été là. En résumé, le respect total de notre intimité ». Oui vous l’aurez compris, la relation couple/photographe joue un rôle prépondérant dans ce type de reportage, c’est un lien étroit qui se crée petit à petit tout au long de la grossesse.

En effet, elle ne nous cache pas qu’au début, son mari n’était pas spécialement pour  » une séance photo  » pendant l’accouchement, pour lui c’était à l’encontre du choix de l’intimité « mais le temps a bien fait les choses et mon mari a compris mon besoin…. »

Bien évidemment, elle n’a pas trop parlé de cette démarche à son entourage : «  l’accouchement à domicile est déjà difficile à faire accepter, je n’avais pas envie d’étaler encore plus ma vie privée ».

Appartenant à un groupe de soutien à l’accouchement à domicile sur les réseaux sociaux, elle a pu voir également, tout le long de sa grossesse, des photos de mamans pendant leur accouchement. A chaque fois, elle a eu la sensation d’être dans la même pièce qu’elles, voir même de ressentir ce qu’elles étaient en train de vivre.

Ayant eu peur également d’oublier certains moments de son accouchement, elle savait, grâce aux photos, qu’à n’importe quel moment de sa vie, elle pouvait se replonger dedans et garder précieusement toutes ces sensations. « Je souhaitais garder nos expressions de visage, nos émotions, le 1er regard de mon bébé, de mon mari sur notre bébé, les premiers instants en peau à peau, la découverte des grandes sœurs… Je voulais arrêter le temps, et me replonger à cet instant à chaque fois que j’aurai regardé les photos ».

Autre témoignage émouvant que nous vous invitons à découvrir maintenant : celui de Stéphanie, pétillante et heureuse maman de deux délicieuses demoiselles qui font déjà craquer bon nombre d’entre vous…

1) Pourquoi voulais tu des photos de ton accouchement?

Pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que capter des souvenirs par la photo c’est mon quotidien, c’est ma façon de vivre la vie. Mais c’était aussi une forme de thérapie. Ma 2e grossesse a été très difficile, le lien avec ma fille ne s’est développé que tardivement, à la toute fin de ma grossesse. Ce n’était pas un déni, mais je ne pouvais pas émotionnellement vivre ma grossesse du fait d’évènements très douloureux. Faire photographier cette naissance c’était comme figer ce fragment de secondes qui fait basculer nos vies, c’était comme pour être certaine aussi que je garderais toujours ces instants si éphémères et apprendre à vivre cette naissance par peur d’oublier ces souvenirs si précieux.

2) Comment t’est venue cette envie?

C’était une évidence. Car c’est aussi un projet que j’ai depuis très longtemps : suivre une famille en devenir et vivre avec eux ce moment si intense et particulier de leurs vies. Etre témoin de la vie c’est juste un privilège immense.

3) Quelles étaient les conditions indispensables à la bonne réalisation de ce projet?

Les conditions étaient la confiance totale en la personne qui nous photographierait, car lors d’un accouchement on ne maitrise pas grand-chose, on oublie aussi notre pudeur…! Il fallait aussi que le papa soit à l’aise avec cette idée.

4) Quelles étaient tes plus grandes inquiétudes?

Je n’avais pas d’inquiétudes. Quand on fait cette démarche on a déjà passé « un cap », on est prête. Je savais simplement que toutes les conditions qui devaient être réunies pour que tout le monde soit disponible à ce moment-là précis étaient faibles et donc que je devais d’un côté me faire à l’idée que la personne ne puisse pas nous suivre photographiquement ce jour-là.

5) Quelles ont été les réactions de l’entourage?

Les gens proches me connaissent, certains n’ont rien dit, d’autres « ah pourquoi pas » ou encore « quelle belle idée ». Mais là encore c’est un choix tellement personnel que leurs réactions m’importaient peu.

6) Qu’est-ce que tu souhaitais garder comme souvenirs?

Un bébé ne nait pas juste à une heure précise. C’est tout un cheminement avant qu’il découvre notre monde. C’est n’est pas juste ce moment de l’expulsion qui compte mais bien tous ces instants, ces personnes, ces émotions mis bout à bout qui font que cette naissance se passe. Tout comme la grossesse, il faut du temps, il faut une histoire pour en arriver là. C’était bien l’histoire de ma fille que je voulais garder.

7) Quelles sont les difficultés auxquelles tu as été confrontée, concernant notamment les démarches administratives pour l’acceptation d’un tel projet dans le service?

J’ai été confrontée très vite à un refus catégorique. Je comprenais leur refus, un problème de personnes dans une salle de naissance qui pourrait être la porte ouverte à d’autres débordements d’autres patientes. Les gens se permettent vite beaucoup de choses et me dire oui à moi aurait pu amener à devoir dire oui à d’autres demandes. J’ai argumenté, expliqué mes raisons. Mon état psychologique nécessitait que je sois suivie par la psy de la maternité, nous en avons discuté et c’est là que le mot « thérapie » est arrivé. Cela aiderait peut être à m’accompagner dans la naissance de ma fille. L’équipe s’est consultée, et la chef m’a donné son accord. C’était officiel, c’était noté dans mon dossier. Quelle joie, quelle victoire.

8 ) Et le jour J, qu’as-tu ressenti?

Le jour J. tout était différent. Une inquiétude depuis la veille concernant ma fille, du liquide amniotique en trop faible quantité et un déclenchement en vue (à l’opposé de mon projet de naissance naturel mais ça c’est une autre histoire!). Ce matin-là, quand j’ai dû me rendre à la maternité pour être déclenchée, j’’étais mal très mal, je n’avais envie que d’une chose, être avec mon mari, juste nous 2. Alors j’ai envoyé un message à la personne qui devait nous photographier, lui disant que je ne préférais pas qu’elle vienne. C’était fou, après toutes ces démarches, ces déceptions, cette joie, tout aurait pu être facile puisque je savais que j’allais être déclenchée, mais non j’annulais tout. J’en avais besoin je crois car j’avais peur de ce que j’allais vivre et je crois qu’à ce moment-là de ma vie je n’avais besoin que de la présence rassurante de mon mari.

Nous avons alors pris la décision de créer notre reportage, mise au point foirée, cadrage pas parfait, peut importait car ça allait être notre histoire à écrire. Bon il faut avouer qu’en étant photographes tous les 2 on voyait les choses un peu différemment. Ce jour-là, nous avons photographié jusqu’à ce que ce soit possible. Puis est arrivé ce moment de la rencontre et là tout s’est fixé dans nos coeurs et non dans un boitier, mais peu importe nous avons avant, nous avons les moments après et entre nos souvenirs dans nos coeurs et nos corps. L’histoire est entière pour nous au final.

9) Ces photos, les regardes-tu souvent?

Concernant les photos, mon mari ne les regarde pas de lui-même. Quant à moi, oui 7 mois après je les regarde notamment à chaque mois-anniversaire, peut-être parce que la nostalgie du temps qui passe beaucoup trop vite est là, pour raviver encore et encore ces souvenirs que j’ai peur d’oublier. Ces photos sont là et je ressens une immense émotion à l’idée de les transmettre à ma fille le jour où elle sera en âge de me les demander.

 De ces échanges ressortent beaucoup de positif, tant par les souvenirs créés que par le contact émotionnel et humain issu cette belle aventure.

Qu’en pensez-vous les futures mamans ? Confieriez-vous vos souvenirs d’accouchement à un/une photographe ? Sachez que bien évidemment la grande majorité des photographes du Collectif seraient ravies de réaliser un tel reportage…

Et vous les photographes, outre l’aspect logistique un peu délicat à gérer, seriez-vous prêts à accompagner un couple dans cette démarche personnelle ?

 

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