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L’attachement

« L’amour est une surprise qui nous arrache à l’insipide, l’attachement est un lien qui se tisse au quotidien »

Boris Cyrulnik

 

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Pour cet article je ne savais pas quel sujet aborder. Le « nouveau-né » touche de vastes thèmes, j’ai déjà approché certains aspects avec la série « Savoir, savoir faire, savoir être » et le côté physique et développemental. Vous avez pu lire combien les contenants étaient importants pour le confort et le développement, et quels étaient les signes d’irritations.
Et si maintenant on se tournait vers l’aspect relationnel entre le nouveau né et ses parents (ou substituts). Vous avez sans doute entendu parler « d’attachement » : mot mystérieux entre la psychanalyse et la recherche, sécure, insécure…. mais qu’en est-il ?

Les recherches sur les interactions précoces et les liens d’attachement entre l’enfant et ses parents (ou référents) sont relativement récentes, elles sont postérieures à la seconde guerre mondiale. Elles sont concomitantes avec celles concernant le développement de l’enfant et la prise en considération qu’il est non pas un adulte en miniature, mais un être propre.
Dans un souci de simplicité, je vais essayer de limiter les apports aux essentiels, en commençant par une vision tournée sur l’enfant et ses proches puis par l’aspect théorique.

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La construction chez l’enfant

Les premières années sont essentielles, l’environnement émotionnel et affectif comme on l’a vu a un rôle très important, et l’attachement se fait sur plusieurs mois, années avec la construction de la relation entre le parents (père, mère, substitut.. que l’on nommera « caregiver » ou donneur de soin) et l’enfant.

De 0 à 4 mois : c’est la réponse du caregiver aux signes du bébé. C’est le parent qui tombe sous le charme, qui apprend à s’attacher.

– les pleurs et les cris du bébé sont un appel vers le caregiver.

– ses babillages et sourires sont des échanges séduisants et agréables.

– La succion et le fouissement permettent une proximité physique importante.

De 3 à 6 mois : Il y a petit à petit une différenciation entre la personne familière et l’étranger. Le bébé dirige ses comportements, il fait des sourires aux personnes familières, ses pleurs sont calmés par le référent, il y a des prémices de dialogue.

De 6-9 mois à 3 ans : l’enfant améliore ses capacités motrices et cognitives, il a plus de contrôle sur la proximité, il peut aller et venir lorsqu’il a besoin de réconfort. Certains enfants s’autorégulent avec un objet transitionnel, c’est un début de mentalisation du caregiver à travers un objet.

De 2ans 1/2 à 4 ans : La proximité diminue de plus en plus, au fur et à mesure que les échanges verbaux augmentent. L’enfant est capable de s’autoréguler au niveau émotionnel. Il y a un partenariat entre le parent et l’enfant.

De 4 à 12 ans : de part son développement cognitif et sa capacité de conceptualisation, l’enfant est maintenant à même d’explorer le monde, de rentrer en relation avec les autres, de mentaliser et s’ouvrir vers l’extérieur. Il est prêt à regarder au delà du parent.

 

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Et au quotidien comment ça se passe ?

Un attachement sécure, donne le sentiment d’être aimé et en sécurité, de pouvoir compter sur le caregiver. Ce sentiment de sécurité facilite les apprentissages, permet de s’adapter aux différentes situations, améliore les habilités sociales et le partage des émotions. Permet une satisfaction amoureuse, mais aussi dans le travail.

Ainsi il ne faut pas hésiter à répondre aux besoins de l’enfant, lui apporter la tendresse et l’affection nécessaire, répondre rapidement à ses pleurs à ses réactions de stress. Bien entendu interagir avec lui avec tendresse, et surtout l’accepter tel qu’il est pour lui permettre de construire une belle estime de lui même.

Et surtout ne pas oublier d’être un « bon » parent, pas parfait, pas dans la perfection, mais dans l’adaptation.

 

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Ensuite une vision plus théorique

a) Éthologie

Tout est parti en premier lieu de l’éthologie (l’étude du comportement des diverses espèces animales dont l’homme dans leur milieu naturel ou non). Ainsi Bowlby (1969/73) a émis le postulat qu’il y avait un comportement inné de l’attachement qui permet de réduire la distance et établir le contact avec la mère. Il travaille sur les effets de la séparation. Dans le même temps Harlow (1965) parle « d’imprinting » : comportement inné qui permet à l’individus de discriminer et reconnaître les individus porteurs des caractéristiques de son espèces.
Ces travaux sont repris ensuite dans un contexte de psychologie du développement

b) Psychologie du développement.
Ainsi Marie de Ainsworth va donner à la théorie de Bowlby un prolongement expérimental, et une accréditation scientifique de part son étude d’observation des bébés. Elle standardise une situation nommée « strange situation » (jeux libres avec la mère, puis départ de la mère, retour et jeux). Il en ressort que l’enfant réagi selon 3 schèmes d’attachement : sécure, anxieux évitant, insécure.
En 1982, Marie Main (étudiante de Ainsworth) publiera une étude sur l’attachement des adultes. Cette étude permettra de donner une nouvelle dimension à la recherche et de mettre en relation les attachements des adultes et ceux des enfants. Donnant une dimension intergénérationnelle à l’attachement.

c) Interactivité.
La richesse du maternage permet une maturation intellectuelle et émotionnelle, c’est à dire que les réponses émotionnelles issues d’interactions permanentes avec des personnes stables assurent les clés du développement futur. L’émotion devance toujours l’apprentissage et l’ouverture sur le monde. Stern (1985) parle « d’accordage affectif » il met en avant l’ajustement émotionnel et affectif, et plus seulement le comportement.
Leibovici (1983) est plus dans une vision systémique de l’ensemble des personnes impliquées dans l’attachement, il met en avant la qualité des interactions mère bébé.

d) Psychanalyse
Bien entendu ces différents apports sont à corréler avec ceux de la psychanalyse, Freud, Mélanie Klein, Winnicott. Le bébé n’existe pas seul, mais dans la dyade, dans la relation.

e) Des outils qualitatifs et quantitatifs.

Des grilles, échelles ou situations ont été mises en place pour évaluer, quantifier, observer les relations et les compétences du bébé dans ses interactions.

La plus célèbre étant celle de Brazelton (1973) qui permet de donner une lisibilité des compétences perspectives, interactives et cognitives du bébé aussi bien au chercheur que pour les parents (valorisant ses compétences).
Et la fameuse « still face » (visage passif) permettant une analyse des processus et mécanismes d’attachement sécure et insécure.

f) l’avenir

De nombreux chercheurs, psychanalystes, psychologues, étudiants… continuent d’approcher ces théories, il y a des textes très faciles à lire et riches. N’hésitez pas à aller voir du côté des français Nicole et Antoine Guédeney, et du Suisse Blaise Pierrehumbert.

 

photographe lifestyle rouen

Anne-Lise

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