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Allaitement maternel | Entretien avec Catherine A. consultante en lactation certifiée

Il y a quelques jours, nous avons rencontré Catherine, sage-femme depuis 14 ans. Exerçant aussi en tant que consultante en lactation certifiée, elle accompagne au quotidien, de nombreuses mamans allaitantes, et elle a gentiment accepté de répondre à nos questions sur l’allaitement maternel.

Bonjour et bienvenue Catherine ! Merci pour toutes ces précieuses informations que vous partagez avec nous aujourd’hui !

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  • Que préfèrez-vous dans votre métier de sage-femme spécialisée en allaitement ? 

Je pense que ce que je préfère dans mon rôle de consultante en lactation c’est l’accompagnement. Je suis là en pré, per et post natal pour aider les familles à respecter leur choix pour l’alimentation de leur nouveau-né. Nous guidons jusqu’à la fin de l’allaitement en créant parfois de profonds liens de confiance. Nous rentrons dans l’intimité des familles en partageant leurs doutes, leurs difficultés mais surtout leurs victoires et leurs épanouissements. Nous cherchons des solutions pour permettre aux familles de vivre au mieux cette période exigeante de leur vie.

  • Préconisez-vous une position particulière à adopter pour la mise aux seins d’un nouveau-né ?

J’aime particulièrement montrer la position Biological Nurturing, ou BN, initiée par Suzanne Colson. Je dirai même que c’est plus une posture qui permet à la maman d’avoir tout son corps détendu et soutenu. Il faut que chaque dyade maman-bébé trouve sa posture BN qui lui correspond, mais cela peut évoluer au fil de l’allaitement. L’idée c’est que la maman forme une sorte de nid avec ses bras autour du bébé, et que le bébé soit en appui sur ses membres afin d’utiliser ses réflexes archaïques (fouissement, grasping, points cardinaux)

  • Certains aliments auraient un effet bénéfique et d’autres, un effet néfaste, sur l’allaitement. Mythe ou réalité ? Y-a-t’il un régime alimentaire particulier à suivre ?

C’est une question très intéressante. Il n’y a pas besoin d’une alimentation particulière pour allaiter, il faut avoir un régime varié et équilibré. C’est surtout la succion de bébé et le respect de l’allaitement à la demande qui vont déterminer la quantité de lait produite chez la maman. Mais certaines mères seront parfois amenées à changer leur alimentation pour cause d’allergie, de colique, … chez le bébé.

Quand aux aliments dit « galactogènes » (qui aident à la production de lait), nous avons les fruits secs (noix, amandes, noisettes), le malt sous toutes ses formes, le fenouil, les dattes.

Il faut faire attention à certains aliments qui auront tendance à diminuer la production de lait comme le persil, la menthe et la sauge (pris en grande quantité).

  • Le réflexe d’éjection fort, qu’est ce que c’est ? Existe-t’il quelques astuces pour que l’allaitement se passe mieux ?

Le réflexe d’éjection du lait résulte d’une cascade de phénomènes hormonaux. Durant une même tétée les mamans en auront plusieurs, et le premier est souvent le plus fort. Chez certaines femmes ce réflexe est trop fort, ce qui n’est pas toujours corrélé à une surproduction lactée. Certains bébé n’en seront absolument pas gênés, mais d’autres vont s’agiter, tousser et même lâcher le sein. Tout cela peut aboutir à un changement de succion du bébé, à une mauvaise prise du mamelon, à une prise de poids insuffisante, à des douleurs aux mamelons voire à un refus du sein et un échec de l’allaitement. 

La première chose à faire sera de demander conseil si vous vous reconnaissez dans ces situations afin de mettre en place des stratégies. La posture BN et la position couchée sont particulièrement adaptées ainsi que la position à califourchon (bébé assis sur vous).Une autre solution consiste à enclencher chez la maman (avec différentes méthodes ) le premier réflexe d’éjection du lait avant de mettre le bébé aux seins car c’est, rappelons-le, le plus fort. Le fait d’allaiter plus souvent sera également une solution. Mais il en existe encore d’autres, raison pour laquelle une consultation avec une personne spécialisée reste une bonne option.

  • Quelles sont les raisons qui pourraient expliquer une baisse de lactation ?

Les raisons sont nombreuses et multifactorielles. Les baisses de lactation sous-entendent que la production était suffisante et qu’elle a ralenti à un moment donné. On ne parle donc pas d’un retard de montée de lait ou une production insuffisante dès la naissance du nouveau-né.

Dans le cas d’un allaitement bien établi, la baisse de la lactation peut être d’origine maternelle, suite à un gros stress, un deuil, une hémorragie, certaines maladies chroniques ou aiguës, la prise de certains médicaments… 

Mais la plupart du temps les problèmes de quantité de lait viennent du non-respect de l’alimentation à la demande et de la physiologie de l’allaitement (introduction de biberons, de la sucette…).

  • Lors de nos échanges vous avez évoqué la grève de la tétée. Pouvez nous en dire plus à ce sujet ?

J’ai fait mon mémoire de certification IBCLC sur la grève de la tétée. De façon simple il s’agit du refus du sein, avant l’âge de 1 an, de façon brutale et soudaine. Pourquoi avant 1 an, car après la première année un enfant peut faire le choix d’arrêter de téter en faisant un sevrage dit naturel, mais cela sera progressif.

C’est une situation déroutante et culpabilisante pour les mamans.

Les causes sont nombreuses. Elles peuvent être liées à un traumatisme lié à une naissance difficile, ce qui provoque des douleurs chez le bébé lorsqu’il tête, à une séparation maman-bébé, à un réflexe d’éjection trop fort, à une poussée dentaire chez le bébé, une otite, une odeur nouvelle sur le mamelon, une confusion sein-tétine, un stress maternel, une réponse excessive à une morsure du mamelon..

Mais avec beaucoup de patience, de contact peau à peau, de changement de position, de prise médicamenteuse pour soulager les douleurs du bébé, les grèves se terminent généralement en 2-3 jours positivement.

  • Pour finir, quels seraient les 3 meilleurs conseils pour les mamans allaitantes ou désireuses d’allaiter leur bébé à venir ?

Le premier conseil serait de se faire confiance et de faire confiance à son bébé, et de savoir que la mise en place d’un allaitement peut prendre parfois un peu de temps. On parle souvent de 3 semaines. 

Le second serait d’avoir un maximum de contact avec son bébé, peau à peau ou non afin que le bébé puisse téter à la demande, que les parents repèrent les signes d’éveil de leur bébé et répondent à ses besoins.

Et le dernier serait de ne pas hésiter à demander de l’aide et savoir faire le tri entre bonnes ou mauvaises informations. L’allaitement doit être un plaisir !

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