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accoucher sous hypnose : l’hypnose prénatale

ACCOUCHER SOUS HYPNOSE : L’HYPNOSE PRÉNATALE

A l’approche de l’accouchement, on conseille souvent aux futures mamans de suivre cours de préparation à la naissance.

Bien souvent le choix proposé en maternité est restreint.
On parle de préparation classique qui se base essentiellement sur la respiration. Mais il existe bien d’autres options telles que le Qi gong, la sophrologie, l’haptonomie, l’accupuncture ou encore l’hypnose et parfois même l’auto hypnose.

 

L’hypnoNaissance est une méthode globale américaine qui date des années 50, mise au point par la thérapeute Marie Mongan en 1989.
Il s’agit d’un programme pour le couple afin d’apprendre à découvrir son corps, ses émotions et donc les gérer, les hormones, des visualisations positives et d’apprendre aussi au futur papa comment trouver sa place, aider sa femme pendant la grossesse et l’accouchement…
L’idée étant de vivre sereinement et en confiance l’accouchement en ayant les outils nécessaires.

Une méthode qui prône la vie et le bon sens face aux exigences d’aujourd’hui que sont rapidité et efficacité même pour la naissance !

L’hypnose prénatale ne vous plonge pas dans un état second où vous ne semblez plus maitre de vous comme on peut le voir à la télé. Bien au contraire, vous restez consciente tout le long du travail et complètement maître de vous même.
Vous êtes conscientes, vous répondez si on vous parle, vous réagissez et interagissez, mais vous êtes concentrée sur votre « travail » et la gestion de la douleur. Les séances vous auront appris des techniques de relaxation profonde.
Vous êtes dans votre bulle ce qui vous permet de vous détendre pleinement et de permettre la sécrétion d’ocytocine qui fera avancer le travail tout en vous laissant détendue et d’endorphine, qui jouera le rôle d’anti-douleur. Vous êtes dans un processus physiologique à l’écoute de votre corps.
Comme vous restez dans cet état de détente vous êtes en connexion profonde et dans un lien étroit avec votre bébé. En visualisant votre col s’ouvrir et votre bébé descendre, vos muscles se relâchent et bébé peut s’engager petit à petit jusqu’à pousser son premier cri dans vos bras.

Lors de la préparation, le vocabulaire sera aussi choisi afin d’aborder la naissance de manière positive et sans stress. Beaucoup d’images aideront la femme à se projeter positivement et calmement comme son col qui s’ouvre comme une fleur et la respiration gérée comme une vague.
Le jour j plus que jamais. Plus les affirmations positives et la projection d’images positives seront répétées, plus la future maman réussira à s’en convaincre.

Il n’y pas de moment pour commencer les séances, certaines ressentent d’être accompagnée très tôt, quand d’autres préfèreront se préparer à la fin de grossesse.
Elle s’adresse à toutes les femmes et particulièrement celles qui veulent un accouchement le moins médicalisé possible.

Mais qui dit accouchement sous hypnose ne signifie pas forcément un bannissement total d’interventions médicales : cette méthode est compatible avec une péridurale (même si le recours à la péridurale est extrêmement rare lorsqu’une femme pratique un accouchement sous hypnose). De même, si la césarienne est programmée, le recours à l’accouchement sous hypnose permettra alors de réduire le stress et d’appréhender cet acte avec moins de peur et plus de recul.

Il faudra compter au minimum 4 voire 5 séances pour que vous puissiez arriver à cet état plus facilement.

J’ai souhaité également compléter ce sujet de l’hypnose justement par l’expérience de celles qui l’ont pratiqué.
2 jeunes mamans ont accepté de partager leurs histoires lors de leurs accouchements.

Comment en es-tu arrivée à souhaiter accoucher sous hypnose ? 

Audrey : Je suis maman de deux enfants, ma fille a 8 ans et mon petit dernier bientôt un an.

Lors de ma première grossesse, j’avais déjà ce souhait d’accoucher sans péridurale. Depuis mes 4 mois de grossesse j’étais en menace d’accouchement prématuré et cette envie d’éviter au maximum la fameuse péridurale s’éloignait pour laisser place aux doutes, à la peur de la douleur et d’une naissance trop tôt, où j’ai entendu à plusieurs reprises que je n’aurai sûrement pas ce choix. Un peu comme si j’étais « conditionnée » à accepter cette péridurale.

Il y a malheureusement la réalité du jour J, accouchement à 34 semaines, travail en pleine nuit, et la fameuse phrase « l’anesthésiste est là pour une future maman à côté de vous, donc la péridurale c’est soit maintenant soit ça ne sera pas possible… puis si le bébé commence à se fatiguer il serait plutôt judicieux de la poser maintenant, sinon on devra vous endormir complètement ». Gros coup de pression. J’ai finalement accepté la péridurale. J’ai eu un bel accouchement mais toujours ce petit regret en me disant « et si … ».

Sept ans après, nouvelle grossesse, sûrement la dernière. Et une nouvelle fois en MAP dès mes 3 mois et demi de grossesse. Premières contractions …

J’étais malgré tout déterminée à vivre cet accouchement sans péridurale, en pleine conscience de mon corps et de mon esprit. Être pleinement là pour l’accueillir tout simplement. Je voulais miser sur moi-même et mettre les « chances » de mon côté.

En sept ans, j’ai appris, j’ai grandi. Je sais que je suis différente et que la confiance en moi a évolué. J’ai donc pris la décision de m’entourer et de me mettre dans ma bulle afin de faire émerger les ressources conscientes et inconscientes dont je dispose pour mener à bien cet accouchement selon nos désirs, nos envies… La rédaction d’un projet de naissance nous a porté tout le long. Un peu comme un contrat envers soi.

Estelle : Je souhaitais tout mettre en œuvre pour donner naissance sans péridurale. C’était ma dernière grossesse (on ne sait jamais de quoi la vie sera faite, mais disons que ce n’est toujours pas prévu de remettre ça), donc ma dernière chance. Je voulais vivre cette puissance de la femme, le pouvoir de donner la vie sans aide médicale, juste l’accompagnement de personnes formées mais qui laissent le plus possible les choses se dérouler naturellement.

Pour mon 1er, je connaissais les risques de la péri pour la mère, j’avais confiance, mon travail était très très long à se mettre en route (contractions douloureuses pendant plus de 12h avant que le col ne commence à s’ouvrir ne serait-ce que de 2cm…), je n’avais absolument aucune idée de comment gérer plus, mieux, j’étais épuisée, j’ai sauté sur la péri quand je suis enfin arrivée aux fatidiques 3cm… tout en demandant la dose la plus faible possible.

Pour ma 2eme, un peu mieux renseignée sur les risques pour le bébé (notamment à la mise en place de l’allaitement), j’ai géré sans péri à la maison et sans soucis. Arrivée à la mat, je gérais toujours, mais, j’ai rapidement plié au « chantage » à l’anesthésiste : la sage-femme m’assurait qu’il ne serait pas dispo longtemps, donc en gros c’était maintenant, ou pas. J’ai eu peur de ne pas réussir sans, je ne me sentais pas préparée, juste prête là sur le moment, mais angoissée pour la suite quand même… du coup j’ai négocié la pose du cathéter avec un seul bolus, sans débit continu. Et j’ai accouché quelques 8h plus tard, en n’ayant refait qu’un seul bolus entre temps… Je me suis dit : j’aurais pu ! j’aurais pu le faire sans.

Enceinte de ma 3eme, j’ai donc lu, lu, lu… j’ai cherché un accompagnement. Pas de maison de naissance, pas de plateau technique, pas de sage-femme pour un AAD… Je partais donc pour quelque chose que j’aurais pu mettre en place à la mat, pour réussir à accoucher sans péri.

Je crois dur comme fer à la capacité des femmes à enfanter.

Quelle préparation as-tu suivi?

Audrey : J’ai donc commencé à faire une préparation à l’accouchement avec une sage-femme avec en parallèle, des séances de cohérences cardiaques à la maison (il y a des applis sur smartphones top !) et surtout un suivi avec un anesthésiste formé à l’auto-hypnose. J’ai découvert des ressources incroyables en moi, la peur de la douleur me paraissait tellement loin. La confiance était présente et solide comme un roc. Les deux derniers mois, ma routine était

de m’allonger l’après-midi et d’écouter régulièrement nos séances d’hypnoses jusqu’au rendez-vous suivant, et ainsi de suite.

Estelle : J’ai trouvé une sage-femme près de chez moi qui pratique l’auto-hypnose. J’ai fait mes 10 séances de prépa à la naissance avec elle. Je gère plutôt bien, j’ai déjà fait de la sophro et ça y ressemble.

J’informe mon mari, je le coache, lui explique ma démarche et ce qu’il pourra faire pour m’aider le moment venu : en gros, m’aider à me mettre et rester dans ma bulle, gérer les allers et venues dans la pièce, la musique, la lumière, me faire couler un bain ou m’aider à en sortir, les massages, les huiles essentielles, etc.

et le jour J ?

Audrey : Le jour J, j’étais dans ma bulle… Je géré l’intensité de mes contractions calmement, sereinement à la maison. Je me répète mes convictions, j’écoutais de la musique douce ou les séances d’hypnose.

16h30 sortie d’école, 8 minutes de marche et 4 contractions. Je vous laisse faire le calcul …  Et pourtant pleinement souriante, j’ai quand même dit au papa de prendre la route du retour pour nous rejoindre. Je me sentais bien. J’ai pris ma douche, j’étais apaisée. Arrivée à la maternité à 18h40, j’ai donné notre projet de naissance à l’équipe des urgences. Dilatation à 5… J’étais fière et étonnée de moi-même. J’ai de suite parlé de mon parcours et que j’étais prête. Le Papa a été d’un grand soutien aussi. Souvent, je lui dis que c’est grâce à lui, qu’il a su me recentrer quand je pensais basculer. 30 min plus tard, dilatation à 8. C’était intense et incroyable. Chaque contraction nous rapprochait un peu plus de cette rencontre avec notre fils. J’étais présente, je ne subissais pas mon accouchement.

Notre fils est né après 5 grandes poussées et quelques hurlements , en quelques minutes. Intense c’est vraiment le mot. Unique et pleinement là.

Estelle : Le jour J, le soir, c’est le moment, après être restée à la maison on va à la mat. La salle nature est dispo, je peux prendre un bain, avoir le ballon, la suspension, le grand lit… impec.

Sauf que je ne gère pas vraiment, j’ai de plus en plus mal et je n’arrive pas à me mettre en auto hypnose. Je parviens juste à gérer les vagues la plupart du temps.

En fait, je me retrouve seule : la sage-femme veut nous laisser au calme et mon mari… ne fait rien, ne sait pas, ne s’y retrouve pas, oublie (malgré l’aide-mémoire que je lui ai glissé dans le sac…) et finit par s’endormir ! j’ai même dû sortir de la baignoire seule…

Je change de position, je cherche, j’essaie de visualiser les vagues aller et venir, respirer profondément, laisser aller, détendre mon bassin, mon périnée, mon col… mais à un moment, je perds complètement pied et sur une immense vague qui me submerge littéralement de douleur, je ne sais plus où et dans quelle position je suis, comment me relever, j’ai l’impression de me noyer…

La vague diminue, je me relève, j’appelle la sage-femme et pleure… je pleure, je sais plus, je veux avancer, je veux la péri et je la veux pas… je suis perdue, déçue, frustrée, en colère. J’ai mal.

Je pense phase de désespérance. Mais je ne suis qu’à 6… ça fait 12h que je suis en travail.

Elle propose de percer la poche pour accélérer la dilatation. Moi j’ai trop peur que les contractions soient toutes ingérables et que ça n’accélère pas grand-chose.

Je finis par prendre la péri. En pleurant, en tremblant… ironie du sort, alors que les 2 premières s’étaient bien passée, là il faut piquer 2 fois, et je garderais un hématome qui me gênera plusieurs semaines…

Et si c’était à refaire ?

 

Audrey : Totalement.
L’hypnose m’aide d’ailleurs aussi au quotidien depuis !! J’ai appris à lâcher prise sur beaucoup de choses.

Estelle : Si c’était à refaire, j’expliquerais avec d’autres mots à mon mari. J’ai appris tout récemment qu’il n’avait pas vraiment compris les mécanismes de l’accouchement physio et l’intérêt de préserver la parturiente de tout stress (antagonisme cortisol/ocytocine, sécrétion d’endorphines…), de la faire baigner d’ocytocine, des massages, etc. (petit coup de culpabilité qui revient en boomerang : si j’avais mieux expliqué, il aurait peut-être mieux agit, et j’aurais peut-être pu gérer…)

Je le réveillerais à coup d’eau froide s’il fallait. Ou j’appellerais la sage-femme ou l’étudiante pour qu’elles prennent le relais de l’accompagnant défaillant.

Petits conseils ?

Audrey : Se faire pleinement confiance. Savoir prendre du temps pour soi ! Prendre le temps de se poser !! Trouver ses propres ressources… Lister ce qui nous limite et trouver comment y remédier.

Estelle : si j’ai UN conseil à donner aux femmes qui préparent un accouchement physiologique : entourez-vous bien. Certaines ont sûrement besoin d’être seules, mais il est facile de le dire le moment venu. Le soutien sans faille et de tous les instants dont on peut avoir besoin, ça ne se trouve pas à la dernière minute. Si le ou la conjoint.e n’est pas fiable, si on doute, on peut prévoir des plans B…

Se faire confiance, et avoir confiance en son bébé, mais aussi son accompagnant.

J’ai tenté l’auto-hypnose, avec l’hypnose il y a déjà l’hypnotiseur qui est là et aide au centrage, accompagne, materne justement cette future maman. C’est probablement différent… je ne sais pas.

Pour terminer voici quelques lectures pour vous aider dans votre préparation.

Armelle Touyarot: Pas à Pas: guide d’auto préparation à l’accouchement par l’hypnose.

Marie Mongan : HypnoNaissance La méthode Mongan 

 

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